
J’ai connu Sebastian un peu avant mon entrée à l’université. Un ami commun, convaincu que nous nous entendrions bien, voulait nous mettre en colocation. Nous nous sommes rencontrés peu après, et tout de suite, le courant est passé. Il a été un ami précieux, illuminant mes années universitaires, et nous avons gardé contact jusqu’à la fin. Son dernier message vocal date du 13 mars… Je lui ai répondu le 18.
Sebastian était quelqu’un d’extraordinairement humain, toujours prêt à aider ses proches. Notre toute première soirée en tête-à-tête avait d’ailleurs pour but de venir en aide à un ami. Il était à l’écoute et passionné par une multitude de sujets. C’est la seule personne avec qui je pouvais discuter pendant plus de quatre heures – parfois même sept, comme cela nous est arrivé durant la pandémie – et reprendre la conversation dès le lendemain, comme si elle n’avait jamais été interrompue.
C’était une personne ouverte sur le monde, avide de rencontres et de découvertes. Il avait une curiosité sincère pour les autres et leur culture. Quand il me parlait d’une nouvelle connaissance, il mentionnait d’abord son pays d’origine avant même son nom – "mon ami béninois", "mon ancien élève allemand"… Il ne s’agissait pas d’un simple détail pour lui, mais d’une véritable fascination pour la diversité et l’inconnu.
Sebastian était un bon vivant, débordant d’énergie et d’enthousiasme. Il adorait organiser des activités et, à chaque visite, que ce soit chez moi ou à Gatineau, il remplissait nos journées du matin jusqu’au soir.
Je n’ai pas été son élève, mais je sais à quel point il aimait son métier. Il me parlait souvent de ses élèves et de son école, et même dans les moments les plus difficiles, il ne se plaignait presque jamais. Il voyait avant tout sa profession comme une mission : transmettre, guider, être présent pour ses élèves.
Son départ est une épreuve douloureuse. Il était un repère pour moi, un phare dans les moments d’incertitude. Quand tout semblait difficile, sa sérénité m’aidait toujours à retrouver pied… et savoir qu’il n’est plus là est une perte immense.
Mais je suis reconnaissant d’avoir été son ami, d’avoir partagé avec lui mes premières années d’adulte. Je garde précieusement en mémoire ses mots, la dernière fois que nous nous sommes vus, alors que je lui confiais mes angoisses face à la solitude. Il m’avait répondu avec cette assurance qui le caractérisait : "Je serai toujours ton ami, peu importe la distance et les épreuves. Je serai toujours là pour toi et pour ceux qui comptent."
Et je sais qu’il le pensait.
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